26.10.2007
HISTOIRES DE CHEVALERIE
Vous trouverez ci-après quelques précisions sur la prise de Béziers par les croisés en 1209, et sur Simon de Montfort qui dirigea cette croisade.
Ensuite, vous pourrez lire l'article "Trois siècles de chevalerie au royaume du Congo" (1500-1800).
Précisions historiques sur Béziers et Simon de Montfort.
La croisade des Albigeois fait aujourd’hui encore couler beaucoup d’encre. Voici deux petits textes pour rétablir certaines perspectives.
En 1167, donc une ou deux générations avant la croisade des Albigeois, il y eut une altercation entre un chevalier et un bourgeois de Béziers, un jour de chevauchée (on dirait aujourd'hui "période de réserve" - cela durait une journée). Le soir on se rassemble en l'église Sainte Madeleine, pour régler l'incident. Les bourgeois sortent alors de sous leurs vêtements des dagues et massacrent plusieurs barons et surtout le comte de Carcassonne, Raymond Trencavel.
Deux ans plus tard, le fils de celui-ci, Roger II, soudoie des routiers Aragonais pour s'infiltrer dans la ville et massacrer tous les hommes. Les épouses de ceux-ci deviennent celles des brigands, qui reconnaissent le comte de Carcassonne comme leur suzerain.
Ceux qui voient arriver l'armée croisée le 22 juillet 1209 sont donc les descendants de veuves dont les époux assassins ont été eux-mêmes assassinés, et des assassins de ceux-ci. On imagine l'éducation qui a pu être donnée dans cette malheureuse cité.
Cela explique l'attitude incroyable de cette population face aux Croisés. Le comte de Carcassonne, dont la présence était nécessaire à la levée d'une armée qui viendrait faire lever le siège, était parti en confiant la défense de Béziers à ses habitants. Des gens sensés se seraient dit que la meilleure façon de se défendre était de se confier aux excellentes murailles de la ville.
Au lieu de cela, ils ouvrent une porte, sortent et se moquent des attaquants. Les soldats ne bougent pas, attendant les ordres de leurs chefs qui tiennent conseil pour préparer le premier assaut, prévu le lendemain. Mais les valets et les pèlerins (comme pour Jérusalem, la croisade avait pour but de libérer une route de pèlerinage, vers Compostelle, car le comte de Toulouse prélevait des péages trop forts, et les gens ne pouvaient pas accomplir leurs pénitences ou leurs dévotions) - ces non-combattants, donc, répondent aux insultes. On en vient aux mains. Un pèlerin est jeté dans l'eau des fossés de la ville. C'est alors la ruée vers la porte qui est prise avant que tous les Biterrois sortis puissent rentrer.
Cette troupe incontrôlée pille et massacre et finalement met le feu à la ville. Quand les seigneurs entrent en ville avec leurs troupes régulières, il est trop tard. Mais la prise de Béziers sans assaut ni siège, alors que les fortifications auraient dû lui permettre de résister longtemps, fut considérée comme une sorte de miracle, d’autant plus que cela eut lieu le 22 juillet, fête de Sainte Madeleine, dont l’église avait été souillée par le crime de 1167.
A lire : " La croisade des Albigeois ", de Pierre Belperron (Plon 1942, Perrin 1967).
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Simon de Montfort n'est devenu le chef de la croisade qu'après la prise de Carcassonne. Il s'était illustré à ce moment-là en allant rechercher après un assaut manqué un chevalier blessé sous les murs, c'est à dire à portée de flèche des défenseurs.
En effet, Carcassonne étant tombée, la plupart des croisés repartirent chez eux. La quarantaine pour laquelle ils s'étaient engagés était terminée - un vassal devait le service d'ost à son suzerain quarante jours par an. Quelques grands du royaume avaient obtenu du roi de faire cette quarantaine au profit de la croisade. Et Simon de Montfort fut choisi comme chef de ceux qui restaient pour défendre les conquêtes de la croisade.
Il avait déjà participé à la quatrième croisade d'Orient. Quant les Vénitiens firent prendre par les croisés - qui n'avaient pas de quoi payer en totalité leur passage vers la Terre Sainte - une ville chrétienne sur la côte dalmate, Simon avait refusé de prendre part au siège et avait dressé sa tente à l'écart du camp en signe de neutralité, ce qui était un désaveu très clair.
Et quand la croisade se dirigea vers Constantinople, il la quitta et fit voile seul avec ses troupes vers Jérusalem. Il venait de rentrer quand le Pape en appela à la croisade contre les cathares et, alors qu'il eût pu invoquer les services déjà rendus pour se défiler, il voulut continuer à mettre son épée au service de l'Eglise.
On voit ainsi quel personnage hors pair il était : fils dévoué de l'Eglise, à la conscience pure, et en plus désintéressé. Ses vastes terres de Montfort jouxtaient à la fois le domaine royal et la Normandie. Ses ancêtres ayant suivi Guillaume le Conquérant, Simon avait même des possessions en Angleterre. Il n'avait rien à gagner dans ces aventures.
Et l'Eglise dans sa prudence ne put pas le soutenir autant qu'il le souhaitait. Pour que sa légitimité à défendre les acquis de la croisade soit clairement établie, il eût fallu qu'il soit nommé comte de Toulouse. Mais le Pape espérait toujours une conversion de Raymond de Toulouse, qu’il ne voulait donc pas déposséder.
C'est peut-être cela qui a coûté la vie, finalement, à Simon, et a conduit la croisade à l'échec. En effet, à de nombreuses reprises il montra sa valeur militaire en élargissant les conquêtes de la première quarantaine, et en les défendant, souvent dans un rapport de forces très défavorable. Sa victoire à Muret contre plusieurs comtes rejoints par le roi d'Aragon est célèbre. Mais peu à peu les seigneurs du Sud-Ouest qui s'étaient ralliés à lui l'abandonnèrent et les indécis rejoignirent le comte de Toulouse.
C'est sous les murs de cette ville qu'il mourut et son fils ne fut pas à même de maintenir la conquête. Et finalement c'est le roi de France qui rafla la mise, au grand soulagement général.
Les méthodes de Simon étaient souvent brutales, mais celles de ses adversaires ne l'étaient pas moins. Un jour le comte de Toulouse fit renvoyer vers Simon deux de ses chevaliers qui avaient été faits prisonniers et à qui on avait coupé le nez et la lèvre supérieure. Simon ne put supporter cette façon de traiter les prisonniers et pour préserver ses hommes de ce genre de traitement, il renvoya, lui, cinquante prisonniers ainsi arrangés. Il n'y eut plus de torture de prisonniers par les Toulousains tant que Simon fut assez fort pour que la dissuasion fonctionne. De plus, souvent c'étaient les renforts annuels qui exigeaient des actions violentes, là où Simon aurait voulu temporiser.
Au total, ce fut une grande figure chevaleresque.
A lire : " Simon de Montfort ", de Dominique Paladilhe (Perrin 1988).
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TROIS SIECLES DE CHEVALERIE AU ROYAUME DU CONGO (1500-1800)
Humour imaginatif ou fiction historique, se demandera peut-être, au vu du titre, le lecteur prévenu mais non averti - tant il est vrai que la plupart de nos manuels oublient des faits essentiels dans l’histoire, comme l’existence au coeur de l’Afrique d’un vaste royaume chrétien indépendant. Bien peu savent en effet que le propre fils du roi du Congo fut ordonné évêque en 1521, qu’en 1608 le royaume du Congo eut son ambassadeur à Rome, qu’un catéchisme bilingue (portugais-kikongo) fut édité en 1624. Parlons donc de ce royaume, pour mieux y situer l’influence chevaleresque, moins faible et dénaturée qu’il y paraît.
L’histoire du Congo interfère avec celle de l’Europe à partir de 1482, lorsque le Portugais Diogo Câo explore l’embouchure du grand fleuve. De 1485 à 1487, des prêtres tertiaires de Saint François profitent des contacts pris avec le roi pour demeurer à sa cour. Le terrain ayant été ainsi préparé, une première caravane missionnaire débarque en 1491. (Notons que le terme " caravane " est employé ici dans un sens proche de celui des courses maritimes qui avaient succédé, chez les Chevaliers de Saint Jean, à leurs expéditions terrestres.). Le comte de Soyo, la province maritime du royaume, est baptisé le 3 avril. Le roi Nzinga Nkuwu l’est un mois plus tard, dans sa province de Mbanza (à 150 km à l’intérieur des terres : 300 km à pieds, en 17 jours, aujourd’hui au Nord-Est de l’Angola, à quelques kilomètres de la frontière du Congo-Kinshasa). Il prend le nom de Joâo Ier (Jean II régnait alors sur le Portugal).
Son fils Mbemba Nzinga est baptisé avec sa mère le 4 juin. Sous le nom de Dom Afonso Ier, il succède à son père en 1506, non sans des difficultés causées par le parti païen traditionnel, dirigé par son frère cadet. On retrouve en lui bien des traits qui firent des saints de rois européens tels que Louis de France ou Etienne de Hongrie : même souci de l’évangélisation et du salut de son peuple, même application pour la construction d’églises, même sens du pardon des ennemis après la victoire du bon droit, même zèle pour la justice et la paix. Il s’oppose au trafic d’esclaves, sollicite l’envoi de médecins, pharmacien, conseiller juridique. Les écoles se multiplient, pour les filles comme pour les garçons. La capitale sera appelée Congo di Ngunga (Congo de la Cloche - à cause du campanile de la première église) puis prendra le nom de San Salvador, la cathédrale construite de 1517 à 1526 ayant ce vocable. A sa mort en 1543, l’oeuvre accomplie est déjà très prometteuse.
Surtout, le fils de ce grand roi est envoyé à 11 ans au Portugal d’où il revient après 15 ans d’études, en 1521, comme premier évêque du Congo (les seuls évêques noirs que l’Afrique ait connus jusque-là au Soudan et en Ethiopie n’étaient pas catholiques). Monseigneur Henrique Kinu Mwemba était évêque titulaire d’Utique et auxiliaire de l’évêque de Funchal. Malheureusement il mourut en 1531. Néanmoins les prêtres affluent : chanoines séculiers de Saint Jean l’Evangéliste, Franciscains, Dominicains, puis dans la seconde moitié du siècle Jésuites et Carmes Déchaux... La dévotion envers la croix devient caractéristique de la piété congolaise.
Mais le clergé indigène, souvent vénal à ce qu’on rapporte par la suite, reste peu nombreux et doit aller se faire ordonner à Saint Paul de Loanda, dans l’Angola portugais. Le Congo est ainsi rattaché à cette colonie, ce qui explique que les rois du Portugal aient joui sur lui du droit de " patronage " (padroado) : aucun prêtre ne peut s’y rendre sans son autorisation. Ainsi en 1645, au moment où les Capucins vont entrer en scène, on ne comptera plus pour tout le royaume que huit prêtres, dont deux Jésuites qui tiennent un grand collège depuis 1623.
Précisément le Portugal, alors en guerre contre l’Espagne, va refuser aux premiers Capucins leur " visa ". Comme si la Providence voulait marquer que la colonisation ne devait être qu’au service de ses desseins, les Hollandais protestants, déjà établis au Brésil (1630), prennent Loanda (1641), que les Portugais ne reprendront qu’en 1648, une fois les capucins bien installés, après être passés par l’Espagne. En Europe, on avait cru le Congo passé à l’hérésie. En fait, voici ce qui s’était passé.
" L’an 1641, les Hollandais se rendirent à la ville de San Salvador, pour y présenter quelques cadeaux au roi (dom Garcia II). Ils lui remirent également un livre portugais, rempli des erreurs et hérésies de Calvin et entièrement opposé à notre sainte foi. Après avoir fait lire ledit livre et ayant appris son contenu, le roi fit convoquer tous les habitants de la ville sur la place publique, qui est très grande. Il ordonna d’allumer un grand feu, puis en présence de tout le monde et des Hollandais eux-mêmes, avec ferveur il exhorta tout le peuple à rester ferme et stable dans la foi catholique romaine, puis impétueusement il jeta le livre au feu. Se tournant vers l’église cathédrale, l’épée en main, il fit de nouveau la profession de la foi, se déclarant prêt à verser son sang et à donner sa vie même pour elle. Il fit cette déclaration avec tant d’énergie et de ferveur qu’il étonna tous les présents. Depuis lors ces Hollandais n’ont plus osé tenter le roi ou ses sujets dans les choses de la foi. "
C’est le Capucin Jean-François de Rome qui rapporte ce fait dans sa relation de la mission de 1645 : il raconte quasi l’accueil qui leur fut réservé par le comte de Soyo, les protégeant contre un vaisseau hollandais qui tentait de s’opposer à leur débarquement.
Déjà Alvare II (1587-1614) avait demandé des prêtres au Saint Père en lui envoyant comme ambassadeur Dom Antonio Manuel Nsaku Ne Vunda (celui-ci mourut peu après son arrivée à Rome et l’on voit encore son monument funèbre à Santa Maria Maggiore). Mais ce fut Dom Garcia II (1641-1661) qui les accueillit : en un peu moins de deux siècles, 400 Capucins vont ainsi parvenir au Congo et en Angola. Dom Garcia demanda ensuite des évêques, mais cela ne put se faire. De là vient sans doute que les derniers baptisés durent s’éteindre à l’aube du XIXème siècle, tandis qu’une évangélisation foudroyante allait reprendre trois quarts de siècles plus tard. Le royaume, lui, ne devait pas survivre aux incessantes guerres civiles qui le dépeuplaient et faisaient le jeu des esclavagistes, qui eux-mêmes ne devaient pas manquer de les provoquer !
C’est dans ce contexte qu’on trouve au royaume du Congo l’Ordre Militaire du Christ (Militia Christi). Jean-François de Rome remarque que le roi Garcia II portait sur son camail la croix de chevalier du Christ. François Bontinck note à ce propos :
" L’Ordre Militaire du Christ fut érigé par le Pape Jean XXII le 15 mars 1319, pour remplacer au Portugal l’Ordre des Templiers, supprimé en 1312. Cet Ordre eut pour tâche principale la défense du Portugal contre les invasions des Maures de l’Afrique du Nord. Parmi ses membres il y avait des prêtres (freires clerigos) et des frères laïcs (freires cavaleiros) ; tous devaient obéissance au grand-maître (Grâo Mestre), même quand celui-ci n’était pas prêtre. Les freires cavaleiros ayant l’autorisation de se marier, les freires clerigos rejetèrent la juridiction du grand-maître et se mirent sous celle d’un prior major. Le 9 janvier 1443, le Pape Eugène IV nomma le prince Henri le Navigateur grand-maître à vie de l’Ordre. A partir de ce moment, cette dignité resta dans la famille royale du Portugal ; le 30 décembre 1551 le Pape Jules III l’accorda définitivement à tous les souverains du Portugal. Les freires cavaleiros n’ayant plus les obligations des religieux, le titre de " Chevalier du Christ " devint une distinction honorifique accordée par les rois du Portugal. Celle-ci fut également donnée aux rois du Congo. Alvaro II commença à accorder l’habit de Chevalier du Christ de sa propre autorité. En 1607 il en fut sévèrement réprimandé par le " Conselho de India " de Lisbonne, le " Conselho de Portugal " de Madrid et le roi Philippe III, grand-maître de l’Ordre. Le roi Alvaro III (1615-1622), lui aussi, s’arrogea le droit de conférer cette dignité malgré l’opposition de l’évêque de San Salvador, et ses successeurs continuèrent, indépendamment du grand-maître de l’Ordre au Portugal. "
Ne subsistait-il donc de la chevalerie qu’un titre honorifique ? Les nobles étaient nombreux à San Salvador à porter la " Croix du Christ ". On connaît aujourd’hui au moins un exemplaire de cet insigne, autrefois exposé au musée de préhistoire de l’université Lovanium de Léopoldville - devenue ensuite " UNAZA ", université nationale du Zaïre, à Kinshasa. Voici comment il est décrit par Bontinck :
" Le médaillon a un diamètre de 14,5 cm ; il pèse 170 g. Il se compose de deux plaques de cuivre argenté, glissant l’une sur l’autre. Chaque plaque porte la même croix gravée dorée de l’Ordre du Christ. La chaîne en cuivre doré pèse 110 g. "
Et Paul de Meester précise qu’en recevant cette distinction des mains du prêtre, les " Ne-kava " (déformation du portugais cavaleiros pour chevaliers) faisaient serment de fidélité au roi et à la foi.
On le voit, même s’ils sont ténus, les éléments de l’institution chevaleresque n’en sont pas moins présents dans la première chrétienté du Congo. Quant à l’idéal chevaleresque, les Portugais qui l’y ont transmis l’ont fait fidèlement et ont trouvé là un terrain favorable à son épanouissement, comme les rois Afonso Ier et Garcia II nous en ont fourni l’exemple.
Abbé Bernard Pellabeuf.
Sources :
Jean-François de Rome, ofm cap., La fondation de la mission des Capucins au royaume du Congo (1648). Traduite de l’Italien et annotée par François Bontinck. Publications de l’Université Lovanium de Léopoldville n° 13. Edition Nauwelaerts, Louvain-Paris 1964.
Paul de Meester, professeur à la faculté de Lettres, Université nationale du Zaïre, Lubumbashi, l’Eglise d’Afrique d’hier et d’aujourd’hui. Edition Saint-Paul Afrique, Kinshasa 1980. (pp. 53-68 pour notre sujet).
DISTRACTION
http://pageliasse.hautetfort.com/archive/2007/10/26/distr...
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Commentaires
Joyeux anniversaire pour vos 30 ans de sacerdoce!
Que le Seigneur vous garde et vous protège, vous guide sur son chemin de joie et de paix, qu'Il vous habite afin qu'à travers vous l'Amour de notre Seigneur embrase les coeurs.
Je vous souhaite bonne route pour votre mission et peut être à bientôt à Laroque.
Annie Turpin (secrétariat et aumônerie)
Ecrit par : Turpin Annie | 01.05.2008
en union de prière en Notre Seigneur Jésus-Christ pour votre 30°anniversaire de sacerdoce. Qu' Il vous bénisse et vous protège pour continuer à être son messager et établir Son Règne dans les âmes et les coeurs pour la Gloire de Son Père. Nous vous confierons très particulièrement demain devant le Saint Sacrement à Jésus Eucharistie, en communion avec la cour céleste et Marie Reine et Mère du Sacerdoce. Merci pour tout ce que vous nous avez donné lors de votre mission à Laroque,
Que Dieu vous garde dans Son Amour et Sa Paix!
Ecrit par : Cassan christine | 01.05.2008
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