08.04.2009
Curriculum vitae militare
Interview de l'aumônier, paru dans "Le Carabinier", revue de l'Ecole de Cavalerie de Saumur.
Monsieur l’aumônier, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Fils de militaire, j’ai connu dans mon enfance diverses villes de garnison situées en gros entre Baden-Baden et Alger. J’ai fait mes études secondaires à Autun puis à La Flèche, où j’ai fait aussi un an de Corniche (option Lettres). Après un peloton EOR à Coëtquidan, j’ai rejoint le 110ème Régiment d’Infanterie à Donaueschingen. Par la suite, j’ai été réserviste à la Base Aérienne de Luxeuil.
Je suis entré au séminaire en 1969 à Fribourg en Suisse. J’ai été ordonné prêtre en 1978 à Besançon et j’ai été rattaché à Belfort à la création de ce diocèse en 1980. Après cinq ans comme vicaire en paroisse, je suis parti au titre de l’encyclique « Fidei Donum » pour l’archidiocèse de Bukavu dans ce qui s’appelait alors le Zaïre. J’y ai enseigné le latin et le français dans les classes terminales du petit séminaire. Plusieurs de mes anciens élèves ont été ordonnés prêtres.
Rentré en France, j’ai rejoint l’aumônerie militaire en 1990. On m’a mis dans la marine, ce qui m’a valu toutes sortes d’expériences : aumôneries de base aéronavale à Rochefort, du porte-avions Foch, de garnisons d’Outre-Mer à Dakar ou La Réunion, embarquements sur des bateaux de tous types, dont le BCR d’Alindien, escales dans une trentaine de pays en Méditerranée, dans le Golfe de Guinée ou dans l’Océan Indien, et même l’aumônerie du Bataillon des Marins-Pompiers de Marseille. Et je viens de passer trois ans dans l’Armée de l’Air, sur la base d’Avord - ce qui m’a valu un séjour de deux mois au Kirghizistan l’an passé.
En gros, après l’air du large, je crois que je vais apprécier la douceur angevine.
Mais vous n’avez jamais servi dans la cavalerie ?
Autant dire qu’il me manque jusqu’ici l’essentiel ! Je suis heureux de commencer une expérience nouvelle, même si cela implique un gros investissement psychologique à un âge où l’on préfère exploiter les acquits. Je dois remettre en cause des habitudes ou des schémas qui me viennent d’autres contextes.
Je me rends compte que le monde a bien changé aussi à certains détails. Par exemple dans mon enfance je voyais dans l’Algérois des EBR flambant neufs, et je me souviens de l’introduction d’un char très moderne, l’AMX 10. Aujourd’hui je retrouve leurs silhouettes familières au musée des blindés où ils ne sont pas les plus récents... Quand je suis entré pour la première fois dans un hangar où trônait un Leclerc, j’ai eu envie de me découvrir comme devant Sa Majesté !
En fait j’ai quand même quelques souvenirs plus proches, comme un exercice de débarquement à Rufisque avec les AML du 23ème BIMa, avec à la clef un fameux raid à leur bord sur les pistes du Sénégal. Et puis j’ai remplacé au début de cette année l’aumônier d’Orléans qui a été à Kaboul pendant cinq mois : assurer des permanences hebdomadaires à l’état-major de la brigade et au 6/12 m’aura un peu mis en selle.
Avez-vous des projets, des priorités ?
C’est encore trop tôt pour moi de faire un programme, alors que j’ai à peu près tout à découvrir de l’Ecole et de l’Arme. Je souhaite connaître l’histoire de la cavalerie et ses traditions - même si certains aviateurs aiment rappeler qu’on monte dans un avion par la gauche, car leur armée est issue de la cavalerie.
Il me faut me familiariser avec les rouages de la garnison, du deuxième Dragons, etc. Mais certaines choses sont claires, dans la continuité avec ce qu’ont fait mes prédécesseurs, notamment en assurant la messe dominicale. Et déjà il y a plusieurs demandes de baptêmes ou de préparation au mariage.
Il me reste à trouver la façon d’être présent à toutes les composantes de l’Ecole et de la garnison, et à toutes les catégories de personnes qui en font partie.
L’accueil reçu partout où j’ai pu passer jusqu’ici m’y encourage. Merci donc à tous ceux qui m’aident à mettre le pied à l’étrier.
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