27.04.2009
Décès de Madame Françoise Pellabeuf
Chers Amis,
Mes frères et sœurs, leurs enfants et petits-enfants
se joignent à moi
pour vous faire part du décès de notre mère,
Madame Françoise Pellabeuf, née Décamps
hier dimanche matin 26 avril 2009
à cinq heures (locales)
à la résidence Saint Rémy
de Saint-Rémy les Chevreuse (Yvelines)
où elle s’était retirée fin janvier.
Je lui avais donné le sacrement des malades à Noël
et j’avais pu revenir pour Pâques en sorte que j’ai pu dire la messe
dans sa chambre encore samedi 18, avant de reprendre l’avion pour le Bénin.
Un prêtre a pu passer hier soir lui donner l’absolution et la Sainte Communion.
Elle est partie lucidement et dans la paix,
après avoir fait face à sa maladie avec sérénité et courage.
Elle a toujours été un soutien sans faille pour mon père
le Chevalier de Notre Dame René Pellabeuf
qui l’a précédé de deux ans,
et après lui avoir transmis la foi et bon nombre de valeurs,
lui a permis de donner le meilleur de lui-même,
ce dont beaucoup ont profité.
Je vous remercie de vos prières.
Abbé Bernard Pellabeuf
Une messe sera dite pour elle à la paroisse Saint Symphorien de Versailles le mercredi 30 avril à 11 H (attention : horaire susceptible de changer : consultez cette note demain soir si vous avez l'intention d'y participer).
Les obsèques auront lieu à la paroisse Saint Jérôme d’Aix en Provence le jeudi 30 avril à 11 H
et l’enterrement à Die dans la Drôme le même jour à 18 H.
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12.04.2009
Petit exposé sur le sacerdoce
« Si le prêtre se comprenait, il en mourrait », disait le Saint curé d’Ars. On peut raconter aux enfants les grandes étapes de la vie de Saint Jean-Marie Vianney, pour qu’ils situent mieux celui qui a dit cela du sacerdoce. Et on peut alors leur dire qu’on va aborder l’étude du sacrement qui fait que les prêtres ressemblent à Jésus dans son Eglise.
I. LA PRIERE DE L’ANCIEN TESTAMENT
Pour parler aux enfants du sacerdoce, on peut commencer par comparer les grands priants, de l’Ancien testament à Jésus : tout sacerdoce en effet s’enracine dans la prière du Christ, et celle-ci reprend celle de ses devanciers en la portant à son achèvement, c’est à dire à sa réalisation : que nous soyons enfants de Dieu dans la maison de Notre Père.
Tout d’abord, on raconte la prière d’Abraham aux chênes de Mambré (cf. Gn 18-19). Abraham s’est séparé de son neveu Lot, qui s’est établi à Sodome. Abraham se repose aux Chênes de Mambré quand il voit arriver un personnage mystérieux, un et trine. Celui-ci, que la Genèse appelle tantôt le Seigneur ou l’Ange du Seigneur annonce que dans un an Abraham et sa femme Sara auront un enfant. Puis il fait part à Abraham de son intention de détruire Sodome, à cause de son terrible péché.
Abraham essaye de détourner Dieu de son projet : va-t-il dans ce châtiment faire périr l’innocent avec le coupable (et donc Lot avec les autres) ? Abraham demande à Dieu de ne pas détruire la ville s’il y trouve un nombre suffisant de justes : il parle d’abord de cinquante ; Dieu accorde à Abraham ce qu’il demande, et à chaque fois Abraham abaisse le nombre, peu à peu, jusqu’à dix, mais n’ose aller plus loin. Lot est averti qu’il doit sortir de la ville et celle-ci disparaît dans un cataclysme.
Il faut alors souligner pour les enfants qu’Abraham a inauguré là une prière où l’on demande pardon pour les pécheurs : et cette prière se retrouve bien souvent dans l’Ancien Testament, et ce sera finalement celle de Jésus.
Vient ensuite la prière de Moïse. Il a fait sortir, grâce aux miracles du Seigneur, le peuple de Dieu de l’Egypte, où les démons se faisaient adorer sous la forme de dieux effrayants. Or à chaque étape les Hébreux doutent que le Seigneur soit capable de les faire vivre au désert, ou de les faire entrer en Terre Sainte. Presque à chaque fois, Dieu dit à Moïse qu’il va anéantir le peuple et en faire surgir un nouveau dans la descendance de celui-ci. Mais à chaque fois aussi Moïse intercède pour le peuple de Dieu : que vont dire les peuples païens de la région s’ils voient que Dieu, qui a fait sortir d’Egypte les Hébreux, les a finalement fait périr au désert ? Et Dieu agrée la prière de Moïse et renonce au châtiment (cf. Ex 16 // Nb 11 ; Ex 17 // Nb 20 ; Ex 32 ; Nb 14 ; Nb 16 ; Ps 106, 23). De nouveau, nous avons une prière d’intercession pour que les pécheurs ne soient pas éliminés ; mais ici c’est pour qu’ils forment le peuple de Dieu sur la Terre où Dieu veut qu’on Lui édifie un temple pour qu’on y offre des sacrifices. Or ce Temple est l’image de la demeure de Dieu dans le ciel, et la prière de Moïse a donc pour but de conduire son peuple au ciel après l’avoir fait entrer en Terre Sainte.
Et puis il y a la prière des prophètes (1 S 7-12 ; cf. Ez 22, 30). Les rois gouvernent à Jérusalem, et les Hébreux deviennent de plus en plus riches. Mais comme souvent dans ces cas-là, seuls les puissants en profitent et leur cœur devient dur, ils exploitent les petits et les maltraitent. Du coup, le Seigneur ne leur paraît pas un Dieu à la mesure de leur ambition et ils se tournent vers les faux dieux des païens, dont le culte là encore est démoniaque : il y a surtout Baal, à qui l’on offre en sacrifice des enfants qu’on fait brûler vifs.
Dieu révèle alors à ses prophètes que si le peuple continue à être infidèle à son alliance, il va lui arriver de grands malheurs. Les prophètes transmettent le message du Seigneur, mais en même temps ils intercèdent pour le peuple. Et à la prière des prophètes, Dieu le purifie dans l’épreuve et fait subsister un ‘petit reste’ qui comprend de mieux en mieux qui est Celui qui s’occupe de lui. Et même on attribue à Jérémie, celui qui a le plus souffert de la part de ses compatriotes, un rôle d’intercesseur après sa mort : ainsi il préfigure vraiment Jésus qui par sa mort a rendu sa prière efficace (2 M 15, 14).
La prière des prophètes est la même que celle des prêtres. Mais ceux-là prient spécialement en offrant des sacrifices. L’idée du sacrifice est que ce qu’on offre représente celui qui l’offre : il se donne ainsi à Dieu. Mais la plupart des sacrifices sont offerts pour le péché, c’est à dire pour le réparer : celui qui l’offre est ainsi rétabli dans l’intimité avec Dieu, intimité qu’il avait perdue par son péché. Cependant certains sacrifices sont offerts pour tout le peuple, et c’est le sens de la prière des prêtres selon le prophète Joël (2,17) : « Que les prêtres serviteurs du Seigneur pleurent entre le vestibule et l’autel, qu’ils disent : Seigneur, prends pitié de ton peuple, ne permets pas que les tiens soient humiliés et que les païens s’en amusent. Pourquoi dirait-on parmi les peuples : ‘Où est leur Dieu ?’ » C’est que les sacrifices, et donc toute la prière qui les accompagne, doivent être présentés à Dieu par des personnes qu’il a choisies Lui-même.
Le sacerdoce de l’Ancien Testament est très différent de celui du Nouveau. Mais il le prépare et Jésus fera que le sacerdoce nouveau prolonge le sien mieux que l’ancien l’annonçait. Ainsi se comprend l’affirmation de la lettre aux Hébreux, qui explique précisément le sacrifice comme une caractéristique commune aux deux sacerdoces, ancien et nouveau, à la lumière de celui de Jésus : « Tout grand prêtre en effet, pris d’entre les hommes, est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir dons et sacrifices pour les péchés (He 5, 1).
II. LA PRIERE DE JESUS
C’est dans le prolongement des grands priants de l’Ancien Testament que se situe la grande prière de Jésus, celle qu’Il a dite après avoir institué l’eucharistie et avant de souffrir sa passion : car l’eucharistie et la passion ne font qu’un avec cette prière. On appelle cette prière la prière « sacerdotale » parce que Jésus y fait le lien entre les hommes et son Père. En effet, le prêtre est celui qui fait un pont entre Dieu et les hommes. Dans la Rome de l’Antiquité, il y avait des prêtres qu’on appelait des ‘faiseurs de pont’, des « pontifes » ; et cette façon de parler a été adoptée dans l’Eglise, où le Pape est dit « Souverain Pontife », ce qui est une façon de dire qu’il est grand prêtre comme le Christ, de qui tous les prêtres tiennent leur sacerdoce.
Bien qu’elle ne soit pas expressément dans la prière sacerdotale de Jésus, il y a une parole qui la résume : c’est celle que Jésus dit peu avant sa mort sur la croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » C’est là aussi la même prière que celle que nous avions trouvée chez Abraham, Moïse et les prophètes. Il s’agit d’obtenir le pardon de Dieu pour des pécheurs. Mais la prière de Jésus a une valeur universelle et absolue : universelle, car s’il pense d’abord aux bourreaux qui Le torturent à ce moment, c’est pour nous tous qu’Il s’offre en sacrifice et nous sommes, en tant que pécheurs, représentés par les bourreaux ; absolue, parce que Jésus n’est pas n’importe quel homme, ni n’importe quel prophète, il est le Fils de Dieu et sa prière sera exaucée définitivement comme le montrent sa résurrection, son ascension et la Pentecôte.
Mais Jésus a pour ainsi dire expliqué à l’avance sa prière faite sur la croix : la veille il a demandé à son Père : « Là où Je serai, je veux qu’ils soient eux aussi. » Le but de Jésus n’est pas qu’un simple pardon des péchés. Il veut que notre retour en grâce nous unisse pour toujours à Lui dans la maison de son Père.
Une autre prière de Jésus le souligne encore : « Qu’ils soient un comme toi et moi nous sommes un. » On risque de faire un contresens sur cette parole de Jésus. Beaucoup croient que d’un côté il y a la Trinité avec Jésus, son Père et l’Esprit Saint qui ne font qu’un, et de l’autre côté les fidèles qui eux aussi sont unis entre eux. Mais c’est ignorer la vraie nature de l’Eglise. Jésus veut que nous soyons unis à son Père de la même union que Lui et c’est l’Esprit Saint qui achève cette union.
Dés lors l’unité de l’Eglise n’est pas différente de l’unité des trois Personnes divines. C’est par notre foi en Jésus, Fils de Dieu et ressuscité, que nous nous attachons à Lui et à son Père, et c’est par cet acte de foi posé sous la mouvance de l’Esprit de Jésus que nous adhérons du même coup à l’Eglise. Ainsi s’explique cette phrase de Credo : « Je crois EN l’Eglise ». Celle-ci n’est pas objet de notre foi, puisqu’elle est une créature : seul Dieu est objet de notre foi. Mais comme l’unité de l’Eglise est l’unité même de Dieu, l’Eglise ne fait qu’un avec Dieu et notre adhésion à Celui-ci ne peut se faire qu’en même temps que notre adhésion à celle-là.
On l’a vu, la grande prière de Jésus est liée à son sacrifice et à l’Eucharistie : elle se situe historiquement entre l’institution de celle-ci et celui-là. Et dés le Jeudi Saint, en rendant son corps présent au début du repas, et son sang présent à la fin du repas, Jésus rend présent le moment de son sacrifice, quand, sur la croix, son sang est séparé de son corps. L’étude du sacrement de l’Ordre, grâce auquel la grande prière sacrificielle de Jésus est rendue présente en tous temps et en tous lieux, se comprend en fonction du sacrifice de Jésus.
Et c’est en faisant cette prière-sacrifice que Jésus est médiateur entre Dieu et les hommes. C’est donc en rendant présente cette prière de Jésus que les prêtres sont eux aussi médiateurs entre Dieu et les hommes. Ce ne sont pas de nouveaux médiateurs. Ils sont médiateurs dans la médiation de Jésus, parce que la prière qui les fait médiateurs est la prière de Jésus.
III. LA PRIERE CONFIEE AUX APÔTRES
On peut lire ou faire lire aux enfants les passages de l’Evangile qui concernent les Apôtres. Car la prière de Jésus leur est confiée en même temps que l’Eucharistie : « Vous ferez cela en mémoire de moi. » Cela, c’est à dire ce que Jésus fait à la dernière Cène, en rendant présents son corps et son sang sous les apparences du pain et du vin. Mais c’est à dire aussi tout ce que Jésus a voulu y mettre : sa prière et son sacrifice qui font que, purifiés de nos péchés, nous Lui sommes unis et que nous sommes un comme Il est un.
Les Apôtres sont des gens choisis expressément par Jésus pour être avec Lui et pour être ses envoyés – c’est le sens du mot Apôtres. C’est après une nuit de prière que Jésus les appelle l’un après l’autre, solennellement, et les établit en un groupe à part. Il leur donne des pouvoirs et les envoie en mission, pour préparer les gens à rencontrer, écouter et suivre Jésus au moins dans ses préceptes.
Mais s’ils sont capables de cette mission, c’est qu’ils ont vécu avec Jésus, parcourant les routes de la Terre Sainte et suivant son enseignement, étant témoins de ses miracles et de ses combats. Et finalement c’est au moment où ils suivent Jésus à Jérusalem en pensant mourir avec Lui qu’ils reçoivent la mission de renouveler son sacrifice et de le rendre présent jusqu’aux extrémités de la terre.
Les pouvoirs qu’ils ont reçus expliquent leur mission. Ils devront combattre Satan pour en libérer l’humanité. Ils devront enseigner à garder les commandements de Jésus et si quelqu’un ne les garde pas mais s’en repent, ils devront pardonner les péchés qui leur seront avoués. Ce pardon des péchés s’inscrit dans le pardon fondamental reçu au baptême.
Tout cela a pour but de rendre les fidèles capables de participer aux mystères sacrés du corps et du sang du Seigneur. C’est l’essentiel de la mission des Apôtres : faire participer les autres à la prière de Jésus en rendant présent son sacrifice. Tous les sacrements, toute l’action des Apôtres, ont ce but : que tous puissent offrir à Dieu un sacrifice qui Lui plaise – le sacrifice de Jésus auquel on s’associe dans la pénitence et la louange. (Voir la note ajoutée en fin de texte.)
IV. LA PRIERE CONFIEE AUX SUCCESSEURS DES APÔTRES
Jésus avait choisi douze Apôtres, et après la mort de Jésus ils ont voulu remplacer Judas : ils ont agrégé Saint Matthias à leur groupe – et nul n’osait s’adjoindre à eux (Ac 5, 12-13). Cependant, Jésus lui-même a choisi Saint Paul, et Saint Barnabé aussi a été considéré comme un apôtre. Ce passage de Douze à davantage a aidé les Apôtres à comprendre qu’ils devaient transmettre leur mission à d’autres, pour que l’Eglise soit dirigée après leur départ d’un endroit où ils l’ont implantée, et aussi après leur mort.
Ils ont ainsi institué des évêques, des prêtres et des diacres. Les évêques sont chargés de gouverner l’Eglise de la part de Jésus. Mais ils ne sont pas chargés de la fonder, comme le faisaient les Apôtres comme Jésus leur en avait donné le pouvoir. C’est pourquoi on dit que les évêques sont les héritiers de la part transmissible du ministère des Apôtres. Il y a des choses que les Apôtres ont faites et que personne ne peut défaire. Ainsi en est-il justement de l’organisation du sacrement de l’Ordre en trois ordres : évêques, prêtres, diacres.
Il n’y a pas de plan préconçu chez les Apôtres quand ils répartissent ainsi le sacerdoce. Ce sont les nécessités de leur mission qui les ont amenés à se trouver des aides et des successeurs.
Les premiers ont été les diacres. Les Apôtres étaient encore à Jérusalem quand il a fallu trouver des hommes pour surveiller la distribution des repas aux pauvres. Les Apôtres ont institué sept diacres. Ils sont comme les mains de Jésus qui s’occupait des pauvres. En même temps les Apôtres se réservaient l’essentiel de ce qui est la mission des évêques : ils sont responsables de la transmission de l’enseignement de Jésus.
Cependant les diacres eux-mêmes aident les évêques à la prédication : ils peuvent prêcher à la messe. De même ils aident les prêtres en célébrant des baptêmes et en étant témoins des mariages.
Puis, quand les Apôtres se sont dispersés, ils ont fondé des communautés chrétiennes partout où ils allaient. Quand ils repartaient, il fallait instituer des gens pour gérer la vie de ces communautés. Comme ils allaient et venaient, au début ils n’ont pas donné d’évêques à ces communautés, mais des « Anciens » : ce mot se dit presbytéros en grec et cela a donné notre mot « prêtre » ; on a l’impression que pendant deux décennies environ, la distinction entre prêtres et évêques n’était pas bien établie. Mais il ne fait pas de doute que les Apôtres ont institué des gens ayant des responsabilités différentes, et que Saint Marc à Alexandrie ou bien Saint Timothée et Tite, les deux disciples de Saint Paul, n’étaient ni Apôtres ni simples prêtres.
On fait remarquer que tant que les cultes païens étaient bien vivants dans l’empire romain, l’Eglise n’a pas voulu employer pour ses prêtres le même mot, « sacerdos », que pour les prêtres de ces cultes, afin qu’il n’y ait pas de confusion. Mais quand ces cultes eurent bien reculé devant l’Evangile, il n’y eut plus de confusion possible et les chrétiens utilisèrent indifféremment les mots signifiant « ancien » ou « prêtre », voire même « pontife », comme nous l’avons vu.
Un point important est de bien situer le sacerdoce de l’évêque par rapport à celui du simple prêtre. Au concile Vatican II on a employé l’expression « plénitude du sacerdoce » pour expliquer le sacerdoce de l’évêque, et on a dit que le simple prêtre est le collaborateur de l’évêque. Mais cela a entraîné un certain trouble dans le clergé, qui ne se comprenait plus bien. Peut-être l’expression « surabondance du sacerdoce » devrait-elle à l’avenir être préférée à celle de « plénitude », car le simple prêtre doit pouvoir comprendre ce qu’il est comme une plénitude. Il présente à Dieu le Père la prière de son Fils, en étant configuré au Christ dans son acte médiateur.
Le prêtre ne doit donc pas seulement être considéré dans sa fonction. Pour la fonction qu’il exerce, son être est changé par l’ordination. Il est un autre Christ, et cela d’une façon particulière par rapport aux autres chrétiens. Comme les Apôtres, il a été choisi pour « être avec Jésus », avant d’être son envoyé.
C’est pourquoi la terminologie ancienne, qui parlait de consécration épiscopale, avait l’avantage de marquer cette mise à part de ceux qui reçoivent le sacerdoce, cette proximité avec Jésus qui transforme leur être. La terminologie en usage actuellement, « l’ordination épiscopale », a l’avantage de bien situer l’évêque dans le sacrement de l’ordre, en soulignant l’aspect du fonctionnement – on est ordonné à l’Eglise – mais elle a pu faire oublier le fondement de l’être.
Donc bien qu’il soit juste de dire que le simple prêtre est le collaborateur de l’évêque, on doit aussi souligner qu’il est avec l’évêque auprès du Christ souverain prêtre et que la collaboration exige de lui un engagement plénier, donc une responsabilité que les structures de l’organisation diocésaine doivent respecter.
Bref, ce sont les Apôtres qui, ayant reçu le sacerdoce de Jésus lui-même, l’ont réparti en trois ordres : évêque, prêtre et diacre, les deux derniers ordres étant ceux de collaborateurs de l’évêque en deux directions distinctes. Les prêtres sont d’abord ordonnés diacres, parce que dans les débuts de l’Eglise il y a pu y avoir des tensions entre les groupes de prêtres et les groupes de diacres d’un même diocèse. Or celui qui prononce les paroles « ceci est mon corps, ceci est mon sang » doit avoir la primauté sur celui qui ne peut les dire efficacement.
Mais il y a dans l’organisation du sacerdoce quelque chose qui ne vient pas des Apôtres, mais de Jésus lui-même, et c’est l’institution du Pape. L’ensemble des évêques s’appelle un « collège » : ce mot vient du latin. A Rome, sous la république, on voulait absolument éviter le pouvoir personnel, c’est pourquoi tous les degrés de la magistrature étaient attribués à un groupe de collègues, c’est à dire de gens « choisis ensemble » ; ainsi la magistrature suprême, celle de consul, était donnée à deux hommes en même temps. Les Apôtres, qui ont été choisis ensemble par Jésus, formaient donc un collège. Et les évêques, qui sont les successeurs des Apôtres, forment aussi un collège en ce sens qu’ils ont ensemble la responsabilité de toutes les Eglises, comme le dit Saint Paul.
Mais la comparaison avec un collège au sens de la république romaine antique s’arrête là, car Jésus a voulu précisément que ce collège des Apôtres soit uni autour de Saint Pierre : c’est lui qui dans l’évangile est toujours nommé le premier dans la liste des Apôtres, c’est à lui que Jésus promet de donner les clefs du royaume des cieux, à lui encore qu’il dit « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise », et « Quand tu seras revenu, raffermis tes frères », et encore « Sois le berger de mes brebis ».
Pourquoi donc cette volonté de Jésus de mettre bien en évidence un chef parmi ses Apôtres ? On peut penser que c’est pour souligner l’unité du sacerdoce. Les évêques ou les prêtres n’ont pas chacun un petit sacerdoce individuel. Ils n’ont tous qu’un seul sacerdoce, et c’est l’unique sacerdoce du Christ. Le Pape doit donc être compris à l’intérieur du sacrement de l’ordre. Par son infaillibilité il garde l’intégrité de la foi ; par cette infaillibilité il garantit l’espérance que nous serons sauvés par notre foi ; par cette foi et cette espérance commune c’est lui qui permet le maintien d’une charité active entre tous les membres de l’Eglise.
Cela nous amène à expliquer pourquoi on appelle le sacerdoce « sacrement de l’ordre ». L’ordre, c’est ce qui met en place par rapport à quelque chose de premier. Le sacrement de l’ordre nous oriente par rapport à Jésus qui est le Premier, le commencement et la fin. Mais comme le Christ et l’Eglise ne font qu’un, être ainsi orienté au Christ oriente aussi à l’Eglise. De plus, le mot ordre est synonyme du mot « classe » : une classe, c’est ce qui est rangé, ordonné, ensemble. Ainsi dans l’Eglise on a un ordre des prêtres (« ordo sacerdotum ») un ordre des moines (« ordo monachorum ») et même un ordre de ceux qui ont reçu le sacramental de l’adoubement (« ordo militum »). Le sacrement de l’ordre constitue ceux qui l’ont reçu en un corps particulier, qui prolonge le collège des Douze, les Apôtres, auxquels personne ne peut s’adjoindre de soi-même.
V. ORDINATION ET VOCATION.
C’est l’évêque qui donne l’ordination : c’est lui seul qui peut validement accomplir les rites qui font un nouveau diacre, un nouveau prêtre, un nouvel évêque. Le rite prévoit une imposition des mains sur le nouvel ordonné, et une prière indiquant pour quel service il reçoit l’Esprit-Saint.
Cette cérémonie marque le nouvel ordonné d’une manière ineffaçable : comme pour le baptême et la confirmation on appelle cette marque un « caractère ». C’est quelque chose qui vient comme s’ajouter à la parole par laquelle Dieu crée chacun de nous : Il dit, et cela existe ; ce qui est décrit pour la lumière au début de la Genèse est valable pour chacun de nous.
Cela nous fait comprendre ce qu’est une vocation : c’est Dieu qui appelle quelqu’un à une vie particulière de la même voix que celle qui le fait exister. Les prophètes l’ont bien compris : Dieu les a appelés dés le sein de leur mère. Et ce nom par lequel Dieu nous crée et nous appelle à aller vers Lui par une voie particulière est à mettre en rapport avec le nom nouveau dont parle l’Apocalypse, par lequel Dieu nous appelle éternellement : c’est le même nom que celui qui nous crée, mais chargé de tout ce que Dieu a fait pour nous sauver, nous recréer. On voit donc toute l’importance qu’il y a à s’interroger sur sa vocation, et la nécessité pour les éducateurs de proposer les moyens de ce discernement.
Ainsi le prêtre est celui par qui la prière-sacrifice de Jésus est rendue présente en tous temps et en tous lieux : c’est en union à cette prière que tous peuvent répondre à l’appel à la sainteté que Dieu leur adresse en les créant.
Et puisque c’est la prière par laquelle les hommes sont réconciliés avec Dieu, le prêtre est l’homme qui efface les péchés, par le baptême et la confession, mieux appelée aujourd’hui « réconciliation ». Mais le sommet et la source de toute cette activité qui permet d’être un avec Dieu, c’est la messe : dans l’Eucharistie sont résumés tous les sacrements qui existent pour que la communion soit reçue avec le maximum de fruits.
VI. LA PRIERE DONNÉE À TOUTE L’EGLISE
La prière de Jésus est reçue par les prêtres pour qu’ils la fassent partager à toute l’Eglise. C’est cette prière de Jésus qui, en nous unissant à son Père, nous constitue en Eglise. Le sacerdoce va donc avoir pour but second d’organiser l’Eglise autour de cette prière qui la constitue.
Ainsi il y a, dans le rayonnement du sacerdoce du Christ qui présente sa prière à son Père, deux façons de la présenter au sein de l’Eglise : la façon du simple fidèle et la façon du prêtre. On distingue ainsi le sacerdoce commun des fidèles et celui des prêtres, qui diffèrent par nature. Dans la liturgie de la messe, la prière « Orate fratres » et son répons met bien en valeur leur complémentarité : le prêtre parle de son sacrifice, qui est aussi celui des fidèles à qui il s’adresse. De même, on voit le rôle des fidèles bien mis en valeur dans l’ancien missel, dit de Saint Pie V ou de Jean XXIII : après le « je confesse à Dieu » dit par le prêtre seul, tous les fidèles prononcent pour lui la formule d’absolution, avant de dire eux-mêmes cette prière et d’être ensuite absous par le prêtre.
La différence de ces deux formes d’exercice du sacerdoce du Christ est que la prière du prêtre rend présente la prière-sacrifice de Jésus, à laquelle les autres fidèles peuvent par conséquent rattacher leur propre prière. On peut donc comparer l’Eglise à une feuille : chaque cellule respire et reçoit la lumière, comme chaque chrétien prie ; mais seules les nervures apportent la sève à toutes les cellules, comme seuls les prêtres rendent présent le sacrifice du Christ. Et Jésus lui-même a employé la comparaison de la vigne : Il est la vigne, nous sommes les sarments, et pour rester attachés à Lui nous devons être attachés aux évêques et par eux aux Apôtres (1 Jn 1,3-4).
Cet organisme vivant qu’est l’Eglise a une dimension familiale. Si Dieu est Père, ceux qui sont réunis auprès de Lui forment une famille. C’est probablement pourquoi Jésus n’a choisi que des hommes pour être ses Apôtres, et pourquoi ceux-ci n’ont choisi que des hommes pour les aider et leur succéder : c’est que le prêtre tient dans l’Eglise la place du Christ, qui n’est pas seulement la tête de l’Eglise, mais qui en est aussi l’époux. Seul un homme peut représenter Jésus dans l’efficacité du symbole sacramentel. Et de même que l’épouse transforme son mari qui s’efforce de lui plaire tandis qu’elle le pousse à donner le meilleur de lui-même, ainsi le prêtre est poussé par ses paroissiens à leur donner le meilleur de lui-même.
Mais il suit de cette dimension familiale de l’Eglise que le prêtre est normalement célibataire. Certes, il y a des rites, dans l’Eglise catholique, où des hommes mariés peuvent être ordonnés prêtres, mais jamais ils ne peuvent être ordonnés évêques : la plénitude – ou la surabondance – du sacrement de l’Ordre requiert le célibat. Et cette pratique remonte à la première génération chrétienne.
Ainsi le prêtre n’apparaît pas seulement comme l’époux de la communauté pour laquelle il offre au Père la prière de Jésus : il apparaît aussi comme le Père de famille de cette communauté. Un prêtre fait souvent l’expérience de ce que Jésus lui a promis : ceux qui pour l’amour de Jésus auront renoncé à quelque chose recevront le centuple ; alors le prêtre n’a pas de famille à lui, ce qui lui permet d’adopter dans son cœur de père tous ceux pour qui il prie.
Les prêtres sont donc à cet égard comme Marie qui n’a pas eu d’autre enfant que Jésus : si elle avait eu d’autres enfants, il y aurait eu dans son cœur trois niveaux : d’abord Jésus, ensuite ses autres enfants, ensuite nous-mêmes. Mais comme Jésus est son fils unique, nous avons tous en Lui la même place dans le cœur de Marie. Le célibat du prêtre lui permet donc de se sentir père de tous également.
Et bien des familles le reçoivent comme l’un des leurs, parce qu’il représente le Christ et que le Christ est membre de toutes les familles chrétiennes. Il suit de cette dimension familiale de l’Eglise et du sacerdoce que tous les pères de famille peuvent être considérés comme les prêtres de leurs familles qui sont autant d’Eglises à la taille d’une maison : dans une Eglise domestique, le prêtre est le père de famille, qui représente le Christ.
Et les femmes aussi ont leur rôle particulier dans la constitution de l’Eglise en famille grâce au prêtre. Les religieuses, par exemple, manifestent par leur union à Jésus que toute l’Eglise est épouse du Christ. Les proches des prêtres aussi ont un grand rôle : ainsi c’est très souvent au sein des familles chrétiennes que naissent les vocations ; mais il y a aussi tous ceux qui se dévouent pour aider le prêtre dans son ministère : en l’entourant, ils l’aident à se sentir moins seul dans son célibat. Enfin on trouve dans la vie de beaucoup de saints prêtres des inspiratrices discrètes qui ont eu une grande influence et sans lesquelles les œuvres de ces saints auraient eu une toute autre allure : Sainte Scholastique et Saint Benoît, la bienheureuse Alèthe et Saint Bernard, Sainte Claire et Saint François, et bien d’autres qui ont été comme Marie auprès de Jésus.
VII. UNE RESPONSABILITE ULTIME
Le prêtre est en définitive responsable devant Dieu du salut éternel des fidèles qui lui sont confiés. Saint Jean-Marie Vianney ne voulait pas être curé : dans son humilité il avait peur de cette responsabilité. Dans les années cinquante, un prêtre déclara dans une réunion avec des confrères : « Mes paroissiens ont mal voté : à présent je fais mon binage à pieds. » Le binage est le fait de dire deux messes le même dimanche, le plus souvent dans deux villages plus ou moins éloignés. Un jeune prêtre lui demanda : « Excusez-moi, Monsieur le Curé, mais je ne vois pas le rapport. » L’ancien répondit : « Apprenez, jeune homme, que le prêtre ne doit pas seulement prier pour le pardon des péchés de ses paroissiens, il doit aussi les expier ! »
On retrouve cette idée du lien entre le salut personnel du prêtre et celui de ses fidèles dans l’oraison pour le Souverain Pontife : on demande qu’il parvienne au salut dans l’union avec le peuple qui lui est confié.
Pour exercer cette responsabilité, le prêtre est plus que tout autre fidèle « prêtre, prophète et roi » à la suite du Christ. Comme prêtre, il est avant tout l’homme des sacrements qui offre au Père la prière de son Fils et prépare les fidèles par les autres sacrements à s’unir à cette prière. Comme prophète, il est l’homme de la parole du Christ : grâce à sa prédication, l’annonce de l’évangile par Jésus se fait dans sa communauté ; et cette dimension prophétique n’est pas concurrente de la dimension presbytérale, comme le montre la liturgie de la parole de Dieu au sein même de la messe. Enfin, comme roi, il a une responsabilité morale ultime vis à vis de la communauté humaine : quand celle-ci s’égare, il doit rappeler les commandements de Dieu qui sont les conditions d’une vraie prière et donc du bonheur. On retrouve cela dans l’histoire de l’Eglise avec les rôles respectifs du Pape et de l’empereur, mais on en a eu une parabole littéraire avec les personnages de don Camillo et de Pepone…
Cette responsabilité par rapport à l’au-delà permet de comprendre que le prêtre, comme Jésus, est prêtre pour l’éternité. Comment est-ce possible ? Quand le sacerdoce a atteint son but, à savoir l’union des fidèles à Dieu le Père, et que cette union est définitive, comment le sacerdoce peut-il continuer ? L’exemple du Christ nous le fait comprendre : il est toujours présent dans notre relation éternelle à son Père, parce que c’est lui qui nous a rétablis dans cette relation.
Mais cela est possible, de manière un peu différente, aussi pour le simple prêtre. Notre amour pour Dieu s’inscrit bien dans notre personnalité, façonnée par tout ce qui nous est arrivé. Ainsi la façon dont nous aimons Dieu se ressent de la façon dont nous avons répondu à l’amour des autres, à commencer par celui de nos parents. De même, il y a comme une continuation du rôle du prêtre dans la trace laissée dans l’âme des saints pour leur union à Dieu.
Là encore Marie nous aide à comprendre le sacerdoce. Ce que nous avons reçu d’elle pour notre union à Dieu modèle celle-ci, en sorte que la trace de son œuvre en nous demeure pour toujours. Faut-il s’étonner de cette ressemblance entre le rôle de Marie et le sacerdoce ? Certainement pas : Marie au pied de la croix a fait sien le sacrifice de son Fils afin qu’il devienne celui de toute l’Eglise, elle est ainsi devenue mère et reine des prêtres.
Addition du 28 04 09
Un correspondant me communique : " Je n'aurais pas écrit : "C'est l'essentiel de la mission des Apôtres : faire participer les autres à la prière de Jésus en rendant présent son sacrifice." Ce n'est pas en tout cas ce qui est écrit en MT 28 16-20. "
Relisons donc Mt 28,19-20 : " Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que e vous ai prescrit.. "
On y trouve " observer tout ce que je vous ai prescrit ".
Or parmi les prescriptions laissées par Jésus, il y a " Vous ferez cela en mémoire de moi. " On peut donc penser que l’envoi en mission est orienté à l’Eucharistie. L’évangélisation n’est pas une fin en soi. Le but ultime, c’est la vie d’union à Dieu. Et l’Eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne.
Mais il est vrai qu'à l'intérieur de la mission confiée aux Apôtres, ce qui est confié en propre aux évêques est l'enseignement.
Merci à ce correspondant de m’avoir fourni l’occasion de cette précision.
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08.04.2009
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Ce blog a eu deux ans et demie le 23 août 2009.
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L’auteur du blog :
Curriculum vitae ecclesiasticum.
CONTACT attention : il nous a été impossible d'ouvrir notre boîte de réception ; notre adresse de contact a donc changé. Si vous avez envoyé un message avant le 13 juillet 2009, merci de l'envoyer à nouveau.
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Curriculum vitae militare
Interview de l'aumônier, paru dans "Le Carabinier", revue de l'Ecole de Cavalerie de Saumur.
Monsieur l’aumônier, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Fils de militaire, j’ai connu dans mon enfance diverses villes de garnison situées en gros entre Baden-Baden et Alger. J’ai fait mes études secondaires à Autun puis à La Flèche, où j’ai fait aussi un an de Corniche (option Lettres). Après un peloton EOR à Coëtquidan, j’ai rejoint le 110ème Régiment d’Infanterie à Donaueschingen. Par la suite, j’ai été réserviste à la Base Aérienne de Luxeuil.
Je suis entré au séminaire en 1969 à Fribourg en Suisse. J’ai été ordonné prêtre en 1978 à Besançon et j’ai été rattaché à Belfort à la création de ce diocèse en 1980. Après cinq ans comme vicaire en paroisse, je suis parti au titre de l’encyclique « Fidei Donum » pour l’archidiocèse de Bukavu dans ce qui s’appelait alors le Zaïre. J’y ai enseigné le latin et le français dans les classes terminales du petit séminaire. Plusieurs de mes anciens élèves ont été ordonnés prêtres.
Rentré en France, j’ai rejoint l’aumônerie militaire en 1990. On m’a mis dans la marine, ce qui m’a valu toutes sortes d’expériences : aumôneries de base aéronavale à Rochefort, du porte-avions Foch, de garnisons d’Outre-Mer à Dakar ou La Réunion, embarquements sur des bateaux de tous types, dont le BCR d’Alindien, escales dans une trentaine de pays en Méditerranée, dans le Golfe de Guinée ou dans l’Océan Indien, et même l’aumônerie du Bataillon des Marins-Pompiers de Marseille. Et je viens de passer trois ans dans l’Armée de l’Air, sur la base d’Avord - ce qui m’a valu un séjour de deux mois au Kirghizistan l’an passé.
En gros, après l’air du large, je crois que je vais apprécier la douceur angevine.
Mais vous n’avez jamais servi dans la cavalerie ?
Autant dire qu’il me manque jusqu’ici l’essentiel ! Je suis heureux de commencer une expérience nouvelle, même si cela implique un gros investissement psychologique à un âge où l’on préfère exploiter les acquits. Je dois remettre en cause des habitudes ou des schémas qui me viennent d’autres contextes.
Je me rends compte que le monde a bien changé aussi à certains détails. Par exemple dans mon enfance je voyais dans l’Algérois des EBR flambant neufs, et je me souviens de l’introduction d’un char très moderne, l’AMX 10. Aujourd’hui je retrouve leurs silhouettes familières au musée des blindés où ils ne sont pas les plus récents... Quand je suis entré pour la première fois dans un hangar où trônait un Leclerc, j’ai eu envie de me découvrir comme devant Sa Majesté !
En fait j’ai quand même quelques souvenirs plus proches, comme un exercice de débarquement à Rufisque avec les AML du 23ème BIMa, avec à la clef un fameux raid à leur bord sur les pistes du Sénégal. Et puis j’ai remplacé au début de cette année l’aumônier d’Orléans qui a été à Kaboul pendant cinq mois : assurer des permanences hebdomadaires à l’état-major de la brigade et au 6/12 m’aura un peu mis en selle.
Avez-vous des projets, des priorités ?
C’est encore trop tôt pour moi de faire un programme, alors que j’ai à peu près tout à découvrir de l’Ecole et de l’Arme. Je souhaite connaître l’histoire de la cavalerie et ses traditions - même si certains aviateurs aiment rappeler qu’on monte dans un avion par la gauche, car leur armée est issue de la cavalerie.
Il me faut me familiariser avec les rouages de la garnison, du deuxième Dragons, etc. Mais certaines choses sont claires, dans la continuité avec ce qu’ont fait mes prédécesseurs, notamment en assurant la messe dominicale. Et déjà il y a plusieurs demandes de baptêmes ou de préparation au mariage.
Il me reste à trouver la façon d’être présent à toutes les composantes de l’Ecole et de la garnison, et à toutes les catégories de personnes qui en font partie.
L’accueil reçu partout où j’ai pu passer jusqu’ici m’y encourage. Merci donc à tous ceux qui m’aident à mettre le pied à l’étrier.
21:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Curriculum vitae ecclesiasticum
Entretien avec le Père Bernard paru dans la Revue Saint Pierre - distribuée aux bienfaiteurs du Petit Séminaire Saint Pierre de Natitingou - de décembre 2008
Dans l’Eglise, il n’y a pas d’étranger. Certes, mais c’est mû par l’amour indéfectible du Christ qu’on peut traverser des continents pour aller communiquer ses connaissances à d’autres. Révérend Père Pellabeuf, notre joie est grande de vous avoir comme professeur de latin, permanent dans notre maison. En effet, vous avez répondu promptement et très généreusement à la demande de Monseigneur N’Koué, chargé des séminaires, cherchant un professeur de latin pour notre séminaire. Aussi Saint Pierre Nouvelles voudrait-il saluer votre présence en notre sein.
Saint Pierre Nouvelles (SPN) :
Cher Père, veuillez bien décliner votre identité à nos fidèles lecteurs.
Père Bernard :
Avec joie ! Je suis né en 1950, le troisième d’une fratrie de cinq, de parents très engagés dans l’Eglise. A vrai dire, mon père n’avait pas été baptisé à sa naissance, car ses parents étaient incroyants. Mais il cherchait la vérité, et quand il a rencontré ma mère, il s’est converti totalement. Il était militaire, et avait fait l’école d’officiers à Saint-Cyr, tout comme ensuite mon frère et deux de mes neveux.
Nous avons de ce fait très souvent déménagé, dans des endroits qui tiendraient dans une ellipse dont les foyers seraient Alger et Baden-Baden en Allemagne. J’ai fait mes études secondaires dans d’autres lieux encore. Et cela continue à remuer : j’ai une partie de ma famille qui a émigré en Australie.
C’est à neuf ans que j’ai dit à mes parents que je voulais être prêtre. J’ai un neveu de trente ans qui est prêtre à la communauté Saint Martin et un autre de neuf ans qui en parle déjà.
A dix-sept ans, je ne pensais plus au sacerdoce, mais le Bon Dieu m’a rattrapé. Comme j’avais voulu devenir officier moi aussi, mes parents m’ont dit de faire les deux ans de préparation à Saint-Cyr, pour que ma vocation mûrisse. Mais au bout d’un an je suis entré au séminaire.
(SPN) :
Pouvons-nous en savoir un peu plus sur votre cursus, cher Père ?
Père Bernard :
A cette époque, comme me l’a dit ensuite Mgr Daucourt, évêque de Nanterre près de Paris, c’était la pagaille dans les séminaires. Il y avait donc à Fribourg en Suisse quelques dizaines de jeunes qui se préparaient au sacerdoce en suivant les cours des dominicains qui enseignaient selon l’esprit de Saint Thomas d’Aquin, comme le demande l’Eglise. C’est là que mon père m’a envoyé.
L’évêque de Chartres, qui avait approuvé ce choix, me fit dire en 1976 qu’il n’y avait rien à me reprocher, mais qu’on ne voulait pas de moi. Il m’a tout de même recommandé à Mgr Lallier, archevêque de Besançon, près de la Suisse. J’ai été ordonné en 1978 après deux ans de stage.
J’ai ensuite été vicaire dans deux endroits différents, mais je me rendis compte que la pagaille ne régnait pas seulement dans les séminaires. Par exemple un confrère qui avait le portrait de Lénine dans son bureau me fit beaucoup d’ennuis. Or Lénine est ce révolutionnaire qui a persécuté et fait mourir des millions de chrétiens en Russie !
La deuxième paroisse ou je fus nommé se trouva dans la partie du diocèse qui fut séparée de Besançon pour former le diocèse de Belfort, où je suis par conséquent incardiné. Mais j’y étais le seul à porter un habit ecclésiastique. Et les abus liturgiques étaient nombreux, en particulier on faisait prêcher des pasteurs protestants pendant la messe. Comme je refusais de le faire, on me faisait passer pour désobéissant…
Je suis donc parti six ans comme prêtre " fidei donum ", professeur de latin et de français, au petit séminaire de Bukavu dans l’Est du Congo. J’ai pu aussi aller au Burundi et au Rwanda. Ce premier contact avec l’Afrique m’a beaucoup marqué.
Ensuite je suis rentré en France et j’ai travaillé dans le diocèse aux armées. Ce fut passionnant. Entre autres j’ai été aumônier du porte-avions Foch, un bateau de deux cent soixante mètres où on voit des avions passer en cinquante mètres de l’immobilité à la vitesse de deux cent kilomètres à l’heure. C’était pendant la guerre de Bosnie, et nous sommes souvent allés dans la mer Adriatique.
J’ai aussi été deux ans à Dakar. J’ai encore approfondi ma connaissance et mon amour de l’Afrique en de nombreuses escales, dont deux à Cotonou. J’ai passé un an à l’île de la Réunion, et un autre à sillonner l’Océan Indien. Au total, je suis passé dans quarante-cinq pays. A chaque fois j’ai tâché de rencontrer l’Eglise locale.
Mais tout cela a été très fatigant et je suis tombé malade, et j’ai mis quatre ans à me remettre. C’est alors que j’ai entendu l’appel de Monseigneur N’Koué…
(SPN) :
Les continents sont différents, les pays aussi. Comment trouvez-vous le Bénin et en l’occurrence le séminaire Saint Pierre qui vous accueille ?
Père Bernard :
Mon premier contact avec le Bénin fut lors d’une mission sur un aviso dans le golfe de Guinée. Nous étions déjà passé à Dakar et Abidjan. Eh bien nous avons été charmés, le mot n’est pas trop fort, par le Bénin. Nous y avons trouvé des gens très accueillants. De plus, le sens artistique est bien développé, je l’ai remarqué en particulier aux motifs sur les tissus qui sont très originaux. J’ai aussi acheté une crèche en bois noir, que j’ai gardée chez moi.
Cette première impression se confirme depuis mon arrivée à Natitingou. Je suis touché des attentions de tous à mon égard. Et je me suis immédiatement attaché aux élèves. Je suis toujours ému quand je vois que Dieu a posé sa main sur un jeune.
(SPN) :
Professeur de latin dans notre maison, quels sentiments vous animent-ils en face des séminaristes dans leurs classes respectives ?
Père Bernard :
Quand je vois les difficultés des septièmes et l’aisance des troisièmes, je me dis qu’il se fait un excellent travail ici. Je vais essayer d’être à la hauteur.
Par ailleurs je suis frappé de voir comment vivent ensemble harmonieusement des garçons si différents par l’âge, les diocèses d’origine, les langues… Tout cela leur donne une bonne expérience d’Eglise.
(SPN) :
En ce début d’année scolaire, quels sont vos projets et souhaits pour les séminaristes ?
Père Bernard :
Mon souhait est qu’ils soient dociles à l’action de Dieu en eux. C’est en profitant au mieux de la formation spirituelle du séminaire qu’ils discerneront leur vocation.
Je n’ai pas de projet particulier. Je viens tout juste d’arriver et j’ai tout à apprendre !
(SPN) :
Merci, Père, votre dernier mot en guise de conclusion.
Père Bernard :
Je suis extrêmement heureux d’être parmi vous et j’en remercie le Seigneur.
21:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.04.2009
Le préservatif n’arrêtera pas le sida.
Sous ce titre, Mgr N’Koué, évêque de Natitingou dans le Nord du Bénin, écrivait dans son bulletin diocésain de décembre 2000 un texte comprenant notamment les paragraphes suivants.
La lutte contre le sida à l’aide des préservatifs est en cours depuis des années. Mais le sida va toujours galopant. N’est-ce pas déjà une preuve de son inefficacité ? Il n’a pas été inventé pour lutter contre le sida. Il a été fabriqué pour limiter les naissances. Comme tel, son taux d’échec varie entre 10 et 20 % selon l’OMS : c’est énorme. Et ceci quand le préservatif est bien confectionné et bien conservé. Si le spermatozoïde arrive à passer à travers le préservatif, à plus forte raison le virus du sida qui est 450 fois plus petit.
…
Lors de la rencontre des évêques du Bénin et d’une délégation du ministère de la santé à Kandi, le 23 novembre dernier, la délégation ministérielle a bien reconnu l’efficacité des moyens préconisés par l’Eglise ; de là une question : pourquoi ne met-on pas autant de vigueur et d’investissement pour promouvoir ces deux moyens ? Non seulement on ne les prend pas en compte, mais encore on les occulte, ce qui est encore plus coupable. Cette délégation a reconnu aussi que le préservatif en latex n’est pas fiable à 100 %. Elle a aussi reconnu que la chaleur chez nous et le peu de soin qu’on porte à la conservation des produits pharmaceutiques détériorent les préservatifs et diminuent encore leur supposée efficacité. Alors qu’on cesse de tromper les naïfs par des affiches suggestives telles que « Le sida tue, la capote protège » ou « Prudence, l’amour sans risque », ‘prudence’ étant la marque d’un préservatif. Il y a là un abus de confiance. C’est comme si l’on disait à un motocycliste : « Porte un casque sur ta tête et roule n’importe comment ; tu ne risques pas d’accident ». Il y a oui ou non un code de la route qu’il faut respecter ? N’oublions pas cette maxime populaire : « Qui sème le vent récolte la tempête ». Ces affiches qui excitent à utiliser aveuglément le préservatif devraient être arrachées et brûlées publiquement sans autre forme de procès…
…
Quand on a demandé à la délégation ministérielle pourquoi elle ne disait pas toute la vérité sur les préservatifs, elle a essayé de nous rassurer : « ce n’est pas nous qui mettons ces affiches, ce n’est pas nous qui faisons cette publicité intempestive des préservatifs à la radio et à la télévision ». Cela signifie que les pouvoirs publics n’osent pas s’attaquer au matraquage pornographique auquel nous assistons. C’est une démission grave. On prive ainsi les nouvelles générations des repères spirituels et moraux traditionnels. Que fera-t-on des générations déboussolées qu’on aura formées au « réflexe-préservatif » ? Prenons garde, car par ce harcèlement médiatique, on fera beaucoup de mal à nos villes et villages… Il est encore temps d’arrêter cette campagne de mensonge, car le sida est en train de tuer littéralement l’Afrique. Dans certains pays on parle de 30 % d’atteints, au Bénin ce serait 8 %. Plus on fait la promotion du préservatif, plus on encourage les dépravations sexuelles et plus le nombre de cas de sida augmente. Les statistiques nous disent que l’année dernière il y a eu en Afrique 2,4 millions de victimes. Le sida tuerait 11 fois plus que nos guerres ethniques. Cela ne peut réjouir que ceux qui proclament que l’Afrique est surpeuplée. Il y a des voies plus puissantes, plus efficaces et surtout plus humaines que le préservatif : l’éducation intégrale des adolescents et des jeunes, l’usage responsable de la sexualité. L’exhortation au port du préservatif tend à dévaloriser la sexualité et à l’ordonner au seul plaisir immédiat. Le sexe sans amour nous rabaisse au rang de l’animal ou de la bête en chaleur. Il est urgent de retrouver le chemin du bon sens et de la responsabilité. « Errare humanum est », on peut se tromper mais persévérer dans son erreur c’est diabolique. Et c’est triste de savoir que ce sont nos pauvres piécettes qui font tourner les usines des pays étrangers qui fabriquent ces préservatifs qui ne préservent pas. Pauvre Afrique, secoue la tête et dis NON au préservatif. Aie pitié des nombreux orphelins abandonnés à leur sort.
Il ressort de ces lignes que les évêques béninois sont depuis longtemps au fait de ce que Benoît XVI a dit : le préservatif n’est pas une solution. Au contraire, il aggrave la crise morale.
De plus, ce texte montre l’incapacité des gouvernements des pays pauvres, dépendant de capitalistes cyniques et criminels.
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